Brin de lecture (IV)
Saturday, 1 March 2008 | 7:23
Photo: en.wikipedia.org
Il y a tant de choses à connaître que je suis souvent en proie à une angoisse indescriptible. On essaie de me rassurer mais je ne trouve de remède que dans le travail, car là je sais, sans doute possible, que je dois étudier coûte que coûte.
En avant donc! Inutile de songer à s’arrêter ou à rebrousser chemin, sinon l’entreprise n’en serait que plus ardue, je m’embrouillerais complètement et j’en serais réduit à tout reprendre depuis le début.
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Il doit être bon de mourir avec la conscience d’avoir fait quelque chose de bien dans sa vie, d’être assuré de survivre au moins dans le souvenir de quelques personnes, et de léguer un exemple à ceux qui viendront ensuite. S’il est vrai qu’il ne suffit pas qu’une oeuvre soit bonne pour subsister éternellement, il est non moins vrai que l’idée contenue dans cette oeuvre a des chances de survivre très longtemps. Si d’autres se lèvent après ceux-là, ils ne pourront mieux faire que de marcher sur les traces de tels prédécesseurs et de suivre leur exemple.
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Pourvu que l’on mène une vie intègre, tout ira bien, malgré les peines profondes et les véritables déboires qui seront probablement notre partage, malgré les lourdes fautes et les erreurs que nous commettrons sans doute. En tout cas, il vaut mieux posséder un esprit ardent, exposé à commettre des fautes, que de rester borné et trop prudent. Il vaut mieux surabonder d’amour, car la véritable force procède de l’amour; celui qui aime beaucoup peut beaucoup et il est porté à déployer une grande activité; tout ce qu’on fait par amour est bien fait. Si certains livres nous touchent, par exemple… c’est qu’ils sont le fruit d’un coeur sensible et d’un esprit humble. Mieux vaut ne prononcer que quelques paroles sensées qu’en jeter en l’air sans arrêt; ce ne sont que vains mots, aussi faciles à lancer que rapides à s’éteindre.
On se sentira toujours plus éclairé et plus fort si l’on persévère à aimer fidèlement ce qui en vaut la peine, et si l’on ne gaspille point son amour entre mille objets insignifiants ou futiles.
Van Gogh, Lettres à son frère Théo (extraits)








Merci Larissa pour ces extraits des lettres de Vincent à Théo..
J’aime bien ces premières lettres, écrit quand il ne savait pas encore qu’il sera peintre, quand il n’était pas encore sûr de lui-même, quand il essayait de trouver son chemin dans le monde… de temps en temps, ça me rappelle de quelqu’un!