Brin de lecture (VI)
Wednesday, 5 March 2008 | 14:25
Photo: commons.wikimedia.org
Des reliures nervurées, titres dorés à l’or fin, des bandes dessinées, des cartes postales, des gravures, des affiches, des magazines, des chromos – rien d’actuel. C’est le monde léger de la mémoire qui s’offre un peu partout, sur les quais, sur les places, et sous les bâches quelquefois, les jours de pluie. Des feuilles qui attendent, du papier tranquille, sûr de son pouvoir: chaque page trouvera son chaland – ah! oui, je lisais cet album quand j’allais chez ma grand-mère à Bougival; tiens, les inondations devant l’immeuble de l’oncle Henri; pour Pierre, il a tous les Bicot, mais celui-là, pourtant, non, je ne crois pas…
Des pages, des images qu’on ne cherche pas mais qui vous hèlent doucement quand on fouille au hasard, les dos courbé sous le soleil. Des rencontres un peu magiques, mais faciles aussi, et pas complètement singulières: si on ne trouve pas, quelqu’un d’autre passera, porteur d’une autre piste qui le mènera à la même partition de Trenet, au même jeu de l’oie qui vous auraient parlé. On a les mêmes souvenirs, mais pas ensemble. Avec une digne désinvolture, regard ailleurs, une cigarette à la main, les bouquinistes entretiennent ce côtoiement, cette contiguïté. Ils répandent dans l’air des atomes de familiarités croisées, l’idée légère d’une rencontre possible qui se transformera en retrouvailles avec soi-même – chaque homme reste une presqu’île dans les silences du papier.
Philippe Delerm, Paris l’instant (extrait)








Photo super et texte sublime. Quelle belle manière de reprendre nos promenades parisiennes. Rien de tel que nos amis étrangers pour nous faire découvrir nos propres merveilles
Ps: Bon ane y verse aire de notre rencontre dans 15 mns;
D’abord je trouve ça bien triste de voir des pères profiter qu’ils ont un fils dans la chanson pour écrire des livres !
Quant à l’anniversaire de notre rencontre… j’en garde un souvenir d’angoisse : après avoir été trainé jusqu’à épuisement dans tout Paris par toi et ta complice, on m’a séquestré dans une boutique pleine de livres incompréhensibles ! Tu parles d’une promenade. Heureusement j’ai réussi à filer. On ne m’y reprendra plus
Moonbeam, ceci était un de mes “chapitres” préférés du livre. Cependant, il y a une chose que j’aime beaucoup dans ce livre: il y a des belles photos (apparemment prises par l’épouse de l’auteur).
Pour ce qui est du grand anniversaire: bon, heureuse de constater que je suscite de si beaux souvenirs en vous…!
Oui, un bien beau souvenir d’avoir rencontré Larissa…
Amitiés à tous.
Je me souviens de la rue, et le restaurant, et tous les gens heureux autour de nous, après Bercy…ce sont des très beaux souvenirs.