Beautiful Cynicism III

Someday, emerging at last from the violent insight
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Northern lad

Thursday, 29 April 2010 | 17:33

Ô doux regards, ô yeux pleins de beauté,
Petits jardins pleins de fleurs amoureuses
Où sont d’Amour les flèches dangereuses,
Tant à vous voir mon œil s’est arrêté!

Ô cœur félon, ô rude cruauté,
Tant tu me tiens de façons rigoureuses,
Tant j’ai coulé de larmes langoureuses,
Sentant l’ardeur de mon cœur tourmenté!

Doncques, mes yeux, tant de plaisir avez,
Tant de bons tours par ces yeux recevez;
Mais toi, mon cœur, plus les vois s’y complaire,

Plus tu languis, plus en as de souci.
Or devinez si je suis aise aussi,
Sentant mon œil être à mon cœur contraire.

Louise Labé, Sonnets (XI)

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Charme dangereux

Saturday, 7 November 2009 | 13:37

895567_park_autumn

Le charme dangereux de la mort est en toi,
Automne, on le respire en ton souffle, on le boit,
Tu fais le ciel couleur de cendre et de fumée,
Et ton ombre est si douce, ô saison bien-aimée,
Que dès qu’elle a touché, pâle encor, notre seuil,
L’âme faible s’y couche ainsi qu’en un cercueil.
Elle entend s’élever tes plaintes à nos portes
Dans le frémissement soyeux des feuilles mortes;
Elle sait que les yeux des astres sont fermés,
Que les ardents parfums des fleurs se sont calmés,

Que tout se pacifie et s’endort et se penche,
Que du soir désolé la tristesse s’épanche…
Un grand désir d’absence et de détachement,
Un voeu profond de n’être plus, infiniment,
S’emparent bientôt d’elle, et c’est ta faute, Automne,
Qui la berces d’un chant funèbre et monotone !
Ta voix magicienne enchante et fait mourir;
Les lys l’ont écoutée: ils se sont vus flétrir;
Elle est belle et pareille à de beaux yeux de femme:
Volupté du regard, hélas ! malheur de l’âme !
Voix de sirène blanche en l’écume des flots,
Dont l’accent merveilleux, trompant les matelots,
Promet l’enivrement suprême et le délice
Et dont le charme traître à l’abîme les glisse…
Aussi, saison funeste et pleine de langueur,
Adorant la beauté fine de tes nuances,
Mais, comme un doux poison, craignant tes influences,
Je te garde mes yeux et te reprends mon coeur !

Albert Lozeau

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Equinox

Monday, 22 September 2008 | 13:42

à travers les feuilles d’automne
même si la route monte sans cesse
ici un tournant qui descend

Yoko Sugawa

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Nightfall

Saturday, 20 September 2008 | 22:09

On ne peut pas savoir ce qu’un homme en son désespoir peut songer à risquer. (Kierkegaard)

Quand l’amour vous fait signe, suivez-le.
Bien que ses voies soient dures et rudes.
Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.
Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui.
Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.
Car de même que l’amour vous couronne, il doit vous crucifier.
De même qu’il vous fait croître, il vous élague.
De même qu’il s’élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil,
Ainsi il descendra jusqu’à vos racines et secouera leur emprise à la terre.
Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.
Il vous broie jusqu’à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu’à vous rendre souple.
Toutes ces choses, l’amour l’accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie.
Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l’amour et le plaisir de l’amour,
Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l’amour vous moissonne,
Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes.
L’amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.
L’amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.
Car l’amour suffit à l’amour.

-Khalil Gibran, Le prophète ch. 1 (extrait)

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Chaleur

Friday, 8 August 2008 | 17:21

Chaude nuit d’été
Les chats insomniaques
Ont l’amour bruyant

Nicole de la Chèvrotière

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Souvenir singulier

Tuesday, 22 July 2008 | 1:21

Ton Souvenir est comme un livre bien aimé,
Qu’on lit sans cesse, et qui jamais n’est refermé,
Un livre où l’on vit mieux sa vie, et qui vous hante
D’un rêve nostalgique, où l’âme se tourmente.

Albert Samain, Ton souvenir est comme un livre (extrait)

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Pensées d’un dimanche

Sunday, 13 July 2008 | 11:16

Alors je méditai; car mon esprit fidèle,
Hélas! n’avait jamais déployé plus grande aile;
Dans mon ombre jamais n’avait lui tant de jour;
Et je rêvai longtemps, contemplant tour à tour,
Après l’abîme obscur que me cachait la lame,
L’autre abîme sans fond qui s’ouvrait dans mon âme.
Et je me demandai pourquoi l’on est ici,
Quel peut être après tout le but de tout ceci,
Que fait l’âme, lequel vaut mieux d’être ou de vivre,
Et pourquoi le Seigneur, qui seul lit à son livre,
Mêle éternellement dans un fatal hymen
Le chant de la nature au cri du genre humain?

Victor Hugo, Ce qu’on entend sur la montagne (extrait)

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Tristesse et souffrance

Sunday, 11 May 2008 | 8:00

woundedheart.jpg

Quand l’amour vous fait signe, suivez-le.
Bien que ses voies soient dures et rudes.
Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.
Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui.
Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.
Car de même que l’amour vous couronne, il doit vous crucifier.
De même qu’il vous fait croître, il vous élague.
De même qu’il s’élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil,
Ainsi il descendra jusqu’à vos racines et secouera leur emprise à la terre.
Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.
Il vous bat pour vous mettre à nu.
Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.
Il vous broie jusqu’à la blancheur.
Il vous pétrit jusqu’à vous rendre souple.
Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu.

Khalil Gibran, Le prophète (extrait)

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Dilemme

Monday, 28 April 2008 | 20:12

wine-spill.jpg
Photo: chichesterdesign.co.uk

Ce chercheur d’oubli
S’exprimait ainsi:

J’éprouve un souci
Rien inexplicable:
Je cherche en vain si,
Dans ce monde-ci,
Le plus désirable
Des biens que Dieu fit,
C’est de boire à table
Ou dormir au lit.

Quand je bois, j’oublie
Jusqu’à ma folie,
Et je suis heureux;
Quand je dors, l’envie
De boire est partie
Et je perds la vie
En fermant les yeux.

O fièvre bizarre!
Fou raisonnement!
Dans ce double aimant,
Mon esprit s’égare
Régulièrement;
Et, je le déclare,
Je ne sais vraiment
Si c’est en buvant
Ou bien en dormant
Que l’oubli s’empare
De moi plus gaiment.
Et, plus je compare,
Plus, à tout moment,
Ma raison s’effare
À chercher comment
Ce doute charmant
Peut m’être un tourment.

Le sommeil, c’est l’ange
Qui veille sur moi:
Le sommeil me venge
De n’être ni roi,
Ni pape et, ma foi!
De n’être que moi.
Quand je bois, tout change
Si je veux, je crois
Être agent de change.
Dans ce que je vois,
Tout va, tout m’arrange;
Tout ce que je bois
M’est d’un charme étrange.

Le vin, c’est l’oubli,
Mais, je le confesse,
Le sommeil aussi.
L’un est la paresse
Et l’autre l’ivresse.
Leur double caresse
Est enchanteresse,
Et dans ma détresse,
Je flotte en esprit
De la table au lit.

Et rien ne peut faire
Que, pour en finir,
Des biens de la terre,
Malgré mon désir,
Je sache saisir
Lequel je préfère
De boire ou dormir.

Prosper Jourdan, L’oubli

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Spring thaw

Thursday, 20 March 2008 | 7:19

frosted-bush.jpg

Vallée au nord, onduleuse prairie,
Déserts charmants, mon coeur, formé pour vous,
Toujours vous cherche en sa mélancolie.
A ton aspect, solitude chérie,
Je ne sais quoi de profond et de doux
Vient s’emparer de mon âme attendrie.
Si l’on savait le calme qu’un ruisseau
En tous mes sens porte avec son murmure,
Ce calme heureux que j’ai, sur la verdure,
Goûté cent fois seul au pied d’un coteau,
Les froids amants du froid séjour des villes
Rechercheraient ces voluptés faciles.
Si le printemps les champs vient émailler,
Dans un coin frais de ce vallon paisible,
Je lis assis sous le rameux noyer,
Au rude tronc, au feuillage flexible.
Du rossignol le suave soupir
Enchaîne alors mon oreille captive,
Et dans un songe au-dessus du plaisir
Laisse flotter mon âme fugitive.
Au fond d’un bois quand l’été va durant,
Est-il une onde aimable et sinueuse
Qui, dans son cours, lente et voluptueuse,
A chaque fleur s’arrête en soupirant ?
Cent fois au bord de cette onde infidèle
J’irai dormir sous le coudre odorant,
Et disputer de paresse avec elle.
Sous le saule nourri de ta fraîcheur amie,
Fleuve témoin de mes soupirs,
Dans ces prés émaillés, au doux bruit des zéphyrs,
Ton passage offre ici l’image de la vie.
En des vallons déserts, au sortir de ces fleurs,
Tu conduis tes ondes errantes :
Ainsi nos heures inconstantes
Passent des plaisirs aux douleurs.
Mais si voluptueux, du moins dans notre course,
Du printemps nous allons jouir,
Nos jours plus doucement s’éloignent de leur source,
Emportant avec eux un tendre souvenir…

François-René de Chateaubriand, Le printemps, l’été et l’hiver (extrait)

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Refroidissement

Thursday, 21 February 2008 | 9:55

winterlight.jpg

Les flots ont disparu; partout la terre blanche
Entoure les sombres forêts;
Du sapin, vers le sol, bas s’incline la branche
Que chargent des frimas épais.
Là, la fumée en rapides nuages
S’élève et fuit au-dessus des hameaux,
Tandis qu’ici de pesants attelages
A petit pas font gémir les coteaux.

Dans le fourneau de fonte, au sein de la chaumière,
Bourdonne l’érable des monts;
Les airs sont obscurcis par la neige légère
Qui glisse et monte en tourbillons;
Et le toit crie, et puis dans la fenêtre
Le grésil vient sans cesse pétiller…
Mais le vent tombe, et sur le toit champêtre
L’astre des nuits se lève et va briller.

En quel autre climat la reine du silence
Montre-t-elle plus de splendeur?
Que j’aime, ô Canada, la nuit, ta plaine immense
Resplendissante de blancheur!
L’étoile aussi semble embraser les ondes;
Comme un géant, l’arbre est seul dans les champs;
Non, pas un bruit dans les forêts profondes;
Le calme est vaste et les vieux rayonnants.

François-Xavier Garneau, L’hiver (extrait)

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Nouvel an

Saturday, 5 January 2008 | 18:28

wintersunrise.jpg

Voix mystérieuse au fond du ciel blême,
La bronze a sonné douze coups,–minuit !
C’est le dernier mot, c’est l’adieu suprême
Que le présent jette au passé qui fuit.

Minute fatale, insensible étape,
Rapide moment sitôt emporté,
Cet instant qui naît et qui nous échappe
A fait faire un pas à l’éternité !

Plus prompt que l’éclair ou l’oiseau qui vole,
Ce temps qu’on dépense en voeux superflus,
Ce temps qu’on gaspille en calcul frivole,
Quand on va l’atteindre, il n’est déjà plus.

Un an vient de fuir, un autre commence…
Penseurs érudits, raisonneurs subtils,
Vous qui disséquez la nature immense,
Ces ans qui s’en vont, dites, où vont-ils ?

Ils vont où s’en va tout ce qui s’effondre ;
Où vont nos destins à peine aperçus ;
Dans l’abîme abrupt où vont se confondre
Avec nos bonheurs nos espoirs déçus ;

Ils vont où s’en va la vaine fumée
De tous nos projets de gloire et d’amour ;
Où va le géant, où vas le pygmée,
L’arbre centenaire et la fleur d’un jour ;

Où vont nos sanglots et nos chants de fête,
Où vont jeunes fronts et chefs tremblotants,
Où va le zéphyr, où va la tempête,
Où vont nos hivers, où vont nos printemps !…

Temps ! éternité ! mystère insondable !
Tout courbe le front devant vos grandeurs ;
Problème effrayant, gouffre inabordable,
Quel oeil peut plonger dans vos profondeur !

Louis Fréchette, Le premier janvier (extrait)

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Songe d’hiver

Saturday, 22 December 2007 | 9:23

pics-centerblog-net.jpg

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Au fil des jours

Sunday, 2 December 2007 | 7:27

hands.jpg

La tranquille habitude aux mains silencieuses
Panse, de jour en jour, nos plus grandes blessures;
Elle met sur nos coeurs ses bandelettes sûres
Et leur verse sans fin ses huiles oublieuses;

Les plus nobles chagrins, qui voudraient se défendre,
Désireux de durer pour l’amour qu’ils contiennent,
Sentent le besoin cher et dont ils s’entretiennent
Devenir, malgré eux, moins farouche et plus tendre;

Et, chaque jour, les mains endormeuses et douces,
Les insensibles mains de la lente Habitude,
Resserrent un peu plus l’étrange quiétude
Où le mal assoupi se soumet et s’émousse;

Et du même toucher dont elle endort la peine,
Du même frôlement délicat qui repasse
Toujours, elle délustre, elle éteint, elle efface,
Comme un reflet, dans un miroir, sous une haleine,

Les gestes, le sourire et le visage même
Dont la présence était divine et meurtrière;
Ils pâlissent couverts d’une fine poussière;
La source des regrets devient voilée et blême.

A chaque heure apaisant la souffrance amollie,
Otant de leur éclat aux voluptés perdues,
Elle rapproche ainsi de ses mains assidues,
Le passé du présent, et les réconcilie;

La douleur s’amoindrit pour de moindres délices;
La blessure adoucie et calme se referme;
Et les hauts désespoirs, qui se voulaient sans terme,
Se sentent lentement changés en cicatrices;

Et celui qui chérit sa sombre inquiétude.
Qui verserait des pleurs sur sa douleur dissoute,
Plus que tous les tourments et les cris vous redoute,
Silencieuses mains de la lente Habitude.

Auguste Angellier

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Perfidie des femmes

Saturday, 10 November 2007 | 9:37

eve.jpg
Photo: ibiblio.org

Un désir inconnu, mystérieux levain,
Soulève et fait gémir mon âme émerveillée.
Des rêves enivrants, quand je suis éveillée,
Promènent mes esprits dans un orbe sans fin.

Quel est-il donc ce bien que je soupçonne en vain?
Est-ce l’ambition? Elle m’est conseillée.
Dieu serait-il jaloux, et suis-je surveillée?
Garde-t-il pour lui seul tout son pouvoir divin?

Je sens que je suis libre, et je veux être heureuse,
Mais d’une autre façon. Je secoue, un instant,
Le joug quelquefois lourd d’un bonheur trop constant.

Obéis, vaste terre, à la loi rigoureuse
Qui te fait, chaque jour, rouler sur ton essieu,
Moi, je n’obéis pas car je ressemble à Dieu!

Léon-Pamphile Le May, Eve

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Curiosity killed the cat, you know…

La cynique est... Végétarienne. Activist. Socialiste. Perfectionistic. Stubborn. Attentive. Curvy. Quiet. Rebelle. Feminine. Sensible. Opinionated. Généralement anxieuse. A closeted optimist.

Cet espace est... Un lieu bilingue, libre et ouvert, without censorship (unless you're an evil spammer, in which case I will happily drive a stake through your heart and proudly display your head on a pike), plein de poésie et de beauté (espérons). Now put on your reading glasses and get busy.

The hills are alive

 

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