Death by chocolate
Saturday, 21 October 2006 | 19:27
Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur bouche.
Anthelme Brillat-Savarin

Heureux chocolat, qui après avoir couru le monde, à travers le sourire des femmes, trouve la mort dans un baiser savoureux et fondant de leur bouche.
Anthelme Brillat-Savarin
Photo: Bathtub, Peter Turnley
“There must be quite a few things that a hot bath won’t cure, but I don’t know many of them.”
Sylvia Plath

Les petits savoyards sont de retour, et déjà leur cri
interroge l’écho sonore du quartier; comme les hiron-
delles suivent le printemps, ils précèdent l’hiver.
Octobre, le courrier de l’hiver, heurte à la porte de
nos demeures. Une pluie intermittente inonde la vitre
offusquée, et le vent jonche des feuilles mortes du
platane le perron solitaire…
Aloysius Bertrand, Octobre (extrait)

Octobre glorieux sourit à la nature.
On dirait que l’été ranime les buissons.
Un vent frais, que l’odeur des bois fanés sature,
Sur l’herbe et sur les eaux fait courir ses frissons.
Le nuage a semé les horizons moroses,
De ses flocons d’argent. Sur la marge des prés,
Les derniers fruits d’automne, aux reflets verts et roses,
Reluisent à travers les rameaux diaprés.
Forêt verte qui passe aux tons chauds de l’orange;
Ruisseaux où tremble un ciel pareil au ciel vernal;
Monts aux gradins baignés d’une lumière étrange.
Quel tableau! quel brillant paysage automnal!
À mi-côte, là-bas, la ferme ensoleillée,
Avec son toit pointu festonné de houblons,
Paraît toute rieuse et comme émerveillée
De ses éteules roux et de ses chaumes blonds.
Aux rayons dont sa vue oblique est éblouie,
L’aïeul sur le perron familier vient s’asseoir:
D’un regain de chaleur sa chair est réjouie,
Dans l’hiver du vieillard, il fait moins froid, moins noir.
Calme et doux, soupirant vers un lointain automne,
Il boit la vie avec l’air des champs et des bois,
Et cet étincelant renouveau qui l’étonne
Lui souffle au coeur l’amour des tendres autrefois.
De ses pieds délicats pressant l’escarpolette,
Un jeune enfant s’enivre au bercement rythmé,
Semblable en gentillesse à la fleur violette
Que l’arbuste balance au tiède vent de mai.
Près d’un vieux pont de bois écroulé sur la berge,
Une troupe enfantine au rire pur et clair,
Guette, sur les galets qu’un flot dormant submerge,
La sarcelle stridente et preste qui fend l’air.
Vers les puits dont la mousse a verdi la margelle,
Les lavandières vont avec les moissonneurs;
Sous ce firmament pâle éclate de plus belle
Le charme printanier des couples ricaneurs.
Et tandis que bruit leur babillage tendre,
On les voit déroulant la chaîne de métal
Des treuils mouillés, descendre et monter et descendre
La seille d’où ruisselle une onde de cristal.
Nérée Beauchemin

Je vous dirige vers un billet sur un autre blog, plein de photos superbes des bibliothèques du monde. Originally seen on Boing Boing, the photos are gorgeous, and are taken from the book Libraries, by Candida Höfer. (And the blog’s write-up regarding all this “library smut” is quite entertaining, too!)

Il est 18h14; je suis chez moi. Ça, c’est une anomalie.
Mon travail fini pour la journée, j’ai couru à l’autobus et attrappée le No. 16, et me voilà chez moi. Pendant que j’ai marché de l’arrêt d’autobus à ma maison, je me suis rendu compte que c’est la première fois depuis le printemps que j’ai retournée chez moi juste après le travail. Every single day since I was able to return to work (the beginning of September) I have gone directly from work to the hospital, or to another job – never home. Ma journée: Lever tôt, prendre une longue douche chaude, prendre l’autobus à job #1; après quelques heurs, prendre l’autobus à l’hôpital pour une visite avec ma grand-mère; déjeuner à l’hôpital avec mon grand-père, ma tante, et ma mère; être conduit par ma tante à job #2; après quelques heures, prendre un autre autobus chez moi. Now I sit here, my Daisy wagging her tail beside me, and I almost don’t know what to do with myself. It’s so nice to be home, but it feels strange; I feel like I should be doing something!
October gave a party;
The leaves by hundreds came -
The Chestnuts, Oaks, and Maples,
And leaves of every name.
The sunshine spread a carpet,
And everything was grand,
Miss Weather led the dancing,
Professor Wind the band.
-George Cooper, October’s Party
But that party is winding down, as the music softens, and the guests slowly trickle out the door, one by one… Le ciel est lourd ces derniers temps; il est toujours nuageux, tous les jours. L’hiver se sent dans l’air déjà. On est maintenant à ce point dans l’automne où la beauté de la saison commence à se cacher. Il n’y a presque plus de feuilles sur les arbres; la plupart sont par terre, brunes et mouillés. Les branches, nouvellement nues, semblent mornes et solitaire. Le paysage est coloré en teintes de brun et de gris, et un peu de vert triste. La nature se prépare pour un long hiver…
Bittersweet October. The mellow, messy, leaf-kicking, perfect pause between the opposing miseries of summer and winter.
-Carol Bishop Hipps
Time to massage my aching feet, tend to my tender neck and shoulders, and nurse my yet-again damaged elbow, which Daisy, while on her retractable leash, kindly snapped backwards yesterday while chasing a cat out of the backyard. Une soirée idéale pour un peu de repos.

Par la couleur du ciel et les plaintes du vent,
Par les tons nuancés du feuillage mouvant,
Par mon désir de rêve et mon coeur qui frissonne,
Dans la sérénité profonde des beaux soirs
Où la lune apparaît bleue au firmament noir,
Malgré les astres clairs, on l’aperçoit qui rôde
Sur le gazon, ou dans les coins des chambres chaudes.
Il émane de lui je ne sais quoi de doux
Qui frôle notre chair et qui pénètre en nous,
Qui nous change, on dirait, en une autre substance,
Comme si l’on était de l’air ou du silence!
Il semble que l’on ait des ailes; que le poids
De notre corps se fonde et renaisse à la fois;
Qu’un bonheur à travers notre âme triste passe,
Qu’on n’ait plus qu’un degré pour atteindre à l’extase!
O volupté de vivre, ô charme alanguissant!
- Automne qui nous mets du plaisir dans le sang,
Qui nous berces, pareil à la bonne nourrice,
Jusqu’à ce que notre âme en tes bras s’assoupisse,
Je t’aime d’un amour sensuel et païen!
Et je t’élève, ô dieu, fait de songe ancien,
Un temple au clair autel entouré de balustres,
Où mon coeur balancé brûle comme un grand lustre!
-Albert Lozeau
Delicious autumn! My very soul is wedded to it, and if I were a bird I would fly about the earth seeking the successive autumns.
-George Eliot

Photo: uzilevskyart.com
Les âmes se rencontrent sur les lèvres des amants.
Percy Bysshe Shelley

Every street’s a boulevard in old New York…

Photo: penguincatalogue.co.uk
The light came through the window,
Straight from the sun above,
And so inside my little room
There plunged the rays of Love.
In streams of light I clearly saw
The dust you seldom see,
Out of which the Nameless makes
A Name for one like me.
I’ll try to say a little more:
Love went on and on
Until it reached an open door -
Then Love Itself was gone.
All busy in the sunlight
The flecks did float and dance,
And I was tumbled up with them
In formless circumstance.
Then I came back from where I’d been
My room, it looked the same -
But there was nothing left between
The Nameless and the Name.
I’ll try to say a little more:
Love went on and on
Until it reached an open door -
Then Love Itself was gone.
Leonard Cohen

Ce rapport de passion avec la lecture nous vient de l’enfance et, avec l’âge, y retourne. C’est pourquoi il est si important d’apprendre l’art de lire dès ses jeunes années: pour ne plus jamais, de sa vie entière, être seul. Je ne suis jamais seule ni totalement abandonnée, du moment qu’il y a des livres. Tous les livres. En somme, vous. Car les livres, ce sont les autres. Présents- absents. (Madeleine Chapsal)
Last weekend’s edition of The Globe and Mail contained an inspiring feature article about a man who, at the age of 93, decided he wanted to learn to read. After leading an exceptionally full life, he realised that there was still one thing missing. When his wife, who had taken care of all the “paperwork” and kept is secret throughout their long life together, died, he knew that to remain relevant and involved in his world, he would need to be able to navigate it fully, himself. I think it was such a courageous act.
Les statistiques au Canada, pays assez riche, moderne et libéral, sont décourageants:
- Quatre Canadiens sur dix – soit 9 millions de Canadiens en âge de travailler – ont un faible degré de littératie.
- Vingt-deux pour cent des adultes au Canada ont de sérieux problèmes avec tout ce qui est imprimé; de plus, 24 % des Canadiens sont limités à des exercices de lecture très simples.
- Un grand nombre de Canadiens plus âgés ont un niveau d’alphabétisation moins élévé (40% des Canadiens de plus de 65 ans n’ont pas terminé l’école primaire, comparé à 4% des Canadiens entre l’âge de 26 à 35 ans).
Ce n’est pas uniquement les adultes. Pendant un an, je travaillais pour une compagnie qui donnait de l’assistance aux étudiants en matière d’études, en domaine de la lecture et l’écriture anglais. J’ai travaillé avec 3 enfants pendant ce temps-là, qui avaient tous un faible degré de la littératie. All were reading and writing below their age and grade levels; in one case, a boy in the 2nd grade was reading at a pre-kindergarten level. Two of the three kids had learning disabilities, the main being attention-deficit disorder. Overworked primary school teachers who had 30 other students to tend to in the classroom simply didn’t have the time or the patience to do the one-on-one work necessary to help these children. The boys couldn’t concentrate for more than 10 to 15 minutes at a time, because of their disabilities. C’était un expérience éprouvant; l’instruction traditionnel n’était pas convenable pour ces enfants. Ils marchaient, couraient pendant les leçons, étaient incapable d’être tranquille. Ainsi je lisais avec eux en promenant; nous avons fait les devoirs oralement, parfois en chantant les réponses; nous avons travaillés ensembles pendant seulement 10 minutes, puis je les laissaient faire ce qu’ils voulaient pendant 5 minutes comme récompense pour leur effort. Leurs inhabilités en la lecture les ont frustrés; ils étaient découragés et déçus. Mais ces conditions ont rendu leur réussites encore plus gratifiants. When a new word was learned, when penmanship was mastered, when a homework sheet was successfully completed, the utter joy on the kids’ faces was incomparable. Arms would be flung around my neck in a spontaneous hug, papers with gold stars on them would be quickly gathered up and rushed out of the room, to be shown off to parents. The light in their eyes was magical. Seeing the proverbial lightbulb go off in someone’s head can’t be anything but rewarding.
But there is much work to do. Many of the challenges of these children go beyond the scope of tutors; formal early intervention programs are needed to prevent children from falling through the cracks of the system. There is no shortage of people who care and want to help, but there is a glaring shortage of resources available to them. And for those who were passed by as children, for whatever reason, and wish to take up the challenge of learning to read in their mid-life and beyond, resources are even more scarce, yet assistance is even more necessary. Malheureusement, le nouveau gouvernement conservateur n’est pas d’accord: le gouvernement vient d’annoncer une coupure de dépenses de $ 17,7M des programmes d’alphabétisation au Canada. Cela veut dire que les programmes locaux et régionaux ne seront plus financés par le ministre des Ressources humaines et Développement sociale. Plusieurs programmes ont déjà annoncé leur termination, histoire de n’avoir plus de fonds.
Toutes les statistiques ci-dessus ont été extraites de l’étude Lire l’Avenir: Un portrait de l’alphabétisation au Canada, Statistique Canada, 1996.

Lou wrote a long memo on how to play pool.
Le loup rôde un long moment autour des poules.
La cynique a reçue son diplôme en psychologie et les sciences politiques, deux sujets près de son coeur. But there was another subject that interested her, which she tried to take up as a major after attending university for two years; alas, no such degree program existed at the time. Elle voulait faire un diplôme en études linguistiques. Il y avait des cours de linguistiques à son université, mais aucune programme pour un diplôme. Interdisciplinary majors were in their infancy at that time, and so rather than fight the bureaucracy, the cynic capitulated, and continued studying the 2 Ps.
Fast forward to the fall of 2006, and the cynic is one happy camper: while she is working with only 2 students this fall, both are enrolled in linguistics courses. Elle a l’occasion d’assister à un cours en linguistiques chaque après-midi! En plus, un est en anglais, et l’autre est en anglais et en français (et en cree)! Quel bonheur! (Yes, the cynic is rather dull…) Et sûrement vous savez la fin de l’histoire… c’est maintenant possible de completer un diplôme en études linguistiques à l’université de la cynique. She just convocated a few years too early.
Language has always stimulated my curiosity. I began reading at a very early age, and literature and writing courses were my favourites at school; my response to the question, “What do you want to be when you grow up?” usually had something to do with language and words – from lawyer, to journalist, to speech writer, to editor. Évidemment, l’anglais est ma langue maternelle, et je l’adore – elle a une simplicité et une élégance que j’aime. Mais la langue française me fascine – bien que mes habiletés là-dans sont assez limités! Elle est beaucoup plus lyrique et souple que l’anglais. De toute façon, n’ayant pas eu l’occasion d’explorer plus profondément mon intérêt à l’école, j’essaie de la faire moi-même. One never stops learning!
Pour ceux qui sont curieux: les deux phrases au début de la note n’ont aucune signification, sauf qu’ils sont très semblables phonétiquement; quand on les écrit employant l’alphabet phonétique international, ils sont presque identiques. Et dans la photo en haut, le mot qu’on voit, mîr, est le mot croate pour “paix”. Fin de la leçon. Bonsoir.

Vous laissez tomber vos mains rouges,
Vigne vierge, vous les laissez tomber
Comme si tout le sang du monde était sur elles.
A leur frisson, toute la balustrade bouge,
Tout le mur saigne,
Ô vigne vierge… Tout le ciel est imbibé
D’une même lumière rouge.
C’est comme un tremblement d’ailes rouges qui tombent,
D’ailes d’oiseaux des îles, d’ailes
Qui saignent. C’est la fin d’un règne -
Ou quelque chose de plus simple infiniment.
Ce sont les pieds palmés de hauts flamants
Ou de fragiles pattes de colombes
Qui marchent dans l’allée.
(Où vont-elles, si rouges?)
Leurs traces étoilées
Rejoignent l’autre vigne, où l’on vendange.
Si rouge,
Est-ce déjà le sang des cuves pleines?
Ah! simplement la fête des vendanges,
Simplement n’est-ce pas?
Et pourtant, que vos mains sont tremblantes! Leurs veines
Se rompent une à une… Tant de sang…
Et cette odeur si fade, étrange.
Ces mains qui tombent d’un air las,
Ô vigne vierge, d’un air las et comme absent,
Ces mains abandonnées…
(Lady Macbeth n’eut-elle pas ce geste
Après avoir frotté la tache si longtemps?)
Mains qui se crispent, mains qui restent
En lambeaux rouges sur octobre palpitant;
Dites, oh! dites chaque année
Etes-vous les mains meurtrières de l’Automne?
Ou chaque année,
Sans rien qui s’en émeuve ni personne,
Des mains assassinées
Qui flottent au fil rouge de l’automne?
Sabine Sicaud, Vigne vièrge d’automne

L’illusion seule est aisée. La vérité est toujours difficile.
Rabindranath Tagore

Age is opportunity no less,
Than youth itself, though in another dress,
And as the evening twilight fades away,
The sky is filled with stars, invisible by day.
-Henry Wadsworth Longfellow, Morituri Salutamus
If only…
It’s all about adjusting – to new situations, new realities, new truths. Some people adjust more easily than others. I, for instance, am someone who is rather resistant to change, at least when it’s not of my own doing. In matters of the heart and of the soul, I am fiercely independent – in times of need, I love and appreciate and even crave the love and support and encouragement of others, but need to process my thoughts and feelings alone.
I’m facing another fall and winter filled with depression and despair – not my own, but that of someone about whom I care. This has happened almost every year for several years, between family and friends. Far be it from me to complain, but the truth of the matter is, it’s exhausting. Some people are able to completely detach, not to be bothered by people in emotional pain and distress; I can’t understand these people. I am deeply touched by the moods and problems of others, and can’t ignore or avoid them even if I want to. I wish I could take on all the sorrows of the people I love and carry them on my shoulders, even if only for a short time, so that they may rest and recover. But sometimes I just don’t know how to proceed. After weeks of me quietly insisting that I thought my Baba was depressed, a psych consult was finally ordered. Today, what looked like a small army (the psych “team”) crowded into her room. In order to assess state of mind, the first question of a psych consult is always: Do you want to live?
My grandmother answered: No.
The snow is softly falling once again, silently covering the earth and the rooftops with a delicate blanket of white. As I’ve said before, I can’t help but be enchanted; I wish my Baba could feel the same…