Seeing clearly
Monday, 15 October 2007 | 20:26
Cynique. Grossier personnage dont la vision déformée voit les choses comme elles sont, et non comme elles devraient être.
Ambrose Bierce

Cynique. Grossier personnage dont la vision déformée voit les choses comme elles sont, et non comme elles devraient être.
Ambrose Bierce

Photo: kahrs.com
Mon âme vers ton front où rêve, ô calme soeur,
Un automne jonché de taches de rousseur,
Et vers le ciel errant de ton oeil angélique
Monte, comme dans un jardin mélancolique,
Fidèle, un blanc jet d’eau soupire vers l’Azur!
- Vers l’Azur attendri d’Octobre pâle et pur
Qui mire aux grands bassins sa langueur infinie
Et laisse, sur l’eau morte où la fauve agonie
Des feuilles erre au vent et creuse un froid sillon,
Se traîner le soleil jaune d’un long rayon.
Stéphane Mallarme

Photo: allposters.com
Ma chambre a la forme d’une cage
Le soleil passe son bras par la fenêtre
Les chasseurs à ma porte, comme les p’tits soldats
Qui veulent me prendre
Je ne veux pas travailler
Je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l’oublier
Et puis je fume
Déjà j’ai connu le parfum de l’amour
Un million de roses n’embaumerait pas autant
Maintenant une seule fleur dans mes entourages
Me rend malade
Je ne suis pas fière de ça
Vie qui veut me tuer
C’est magnifique être sympathique
Mais je ne le connais jamais
Je ne veux pas travailler
Non, je ne veux pas déjeuner
Je veux seulement l’oublier
Et puis je fume
Pink Martini, Sympathique
Photo: cartoonistgroup.com
Dieu n’avait fait que l’eau, mais l’homme a fait le vin.
Victor Hugo

Take bread away from me, if you wish,
take air away, but
do not take from me your laughter.
Do not take away the rose,
the lance flower that you pluck,
the water that suddenly
bursts forth in joy,
the sudden wave
of silver born in you.
My struggle is harsh and I come back
with eyes tired
at times from having seen
the unchanging earth,
but when your laughter enters
it rises to the sky seeking me
and it opens for me all
the doors of life.
My love, in the darkest
hour your laughter
opens, and if suddenly
you see my blood staining
the stones of the street,
laugh, because your laughter
will be for my hands
like a fresh sword.
Next to the sea in the autumn,
your laughter must raise
its foamy cascade,
and in the spring, love,
I want your laughter like
the flower I was waiting for,
the blue flower, the rose
of my echoing country.
Laugh at the night,
at the day, at the moon,
laugh at the twisted
streets of the island,
laugh at this clumsy
boy who loves you,
but when I open
my eyes and close them,
when my steps go,
when my steps return,
deny me bread, air,
light, spring,
but never your laughter
for I would die.
Pablo Neruda, Your Laughter

Photo: theyshootpictures.com
Max Bialystock: How dare you judge me without even knowing anything about me?
Leo Bloom: No, no, I…
Max Bialystock: Shut up! I’m having a rhetorical conversation.

We can only be said to be alive in those moments when our hearts are conscious of our treasures. (Thornton Wilder)
La reconnaissance est la mémoire du coeur. (Hans Christian Anderson)
The first Monday of October is Thanksgiving in my country. First celebrated here in 1799 in the provinces of the colony of Lower Canada (before the country officially existed), it was originally established to “signal victory over our enemy and for the manifold and inestimable blessings which our Kingdoms and Provinces have received and daily continue to receive”; in 1957 this was changed to the less imperialistic “for general thanksgiving to Almighty God for the blessings with which the people of Canada have been favoured”, which is the definition that remains in place to this day.
L’action de grâces est une de mes fêtes préférées de l’année, et je ne sais pas trop pourquoi. Généralement on ne fait pas grand chose: la famille et les amis se réunissent pour manger, rire, et partager des histoires. Il n’y a pas de symboles, pas de cadeaux, pas de rituels – et peut-être ce n’est que cette simplicité qui m’attire. Dehors il fait froid, mais on est confortable dans la maison chaude. On prépare un grand repas, on boit du bon vin, on chante ensemble. C’est un ambiance très convivial.
My own personal Thanksgiving dinner is a little different than the standard WASP meal of turkey and cranberry sauce (or the standard Ukrainian feast of turkey, meatballs, baked ham, and 8437 other assorted cuts of meat); the centrepiece of my meal is always my Tofurkey. (I know it sounds ridiculous to most meat-eaters, but while the name may be goofy, I promise the product is delicious!) Entirely vegan, this soy-based roast is something I wait for all year long, and makes this weekend that much more special. Egalement, cela s’accorde bien avec une autre “fête” qui prend place ce weekend: l’anniversaire de ma végétarisme. Je suis pas peu fière de dire que cette année fait 13 ans que je ne mange plus la viande. Et peut-être cela est une autre raison pour laquelle l’Action de grâces est important à moi – car c’était pendant le dîner de cette fête, il y a 13 ans, que j’ai découvert que j’étais bien capable de me nourrir sans du viande, et d’être hautement satisfait avec ce que je mangeais. (Et la suite, tout le monde la connaît…
)
Sur ce weekend de fêtes, je souhaite à mes lecteurs une bonne journée et une bonne semaine, et je vous remercie pour votre amitié et votre fidelité. Happy Thanksgiving.

C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
A travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.
Leur chute est lente. Ou peut les suivre
Du regard en reconnaissant
Le chêne à sa feuille de cuivre,
L’érable à sa feuille de sang.
Les dernières, les plus rouillées,
Tombent des branches dépouillées:
Mais ce n’est pas l’hiver encor.
Une blonde lumière arrose
La nature, et, dans l’air tout rose,
On croirait qu’il neige de l’or.
François Coppée

Mon premier souhait est, avant tout, de remercier tous ceux grace auxquels
ma guérisson éventuel sera sûrement un plein succès.
Je remercie d’abord ceux qui ont pris l’initiative de ce grand projet: les caplets décongestionnants; le sirop DayQuil et son cousin NyQuil, ces deux liquides magiques (“Antihistaminique! Antitussif! Analgésique! Antipyrétique! Décongestant nasal!”); les comprimés de vitamin C et de zinc; NeoCitran, boisson chaud au citron, qui me fait dormir à chaque fois; mon Calmylin bien aimé, le seul sirop qui sait calmer ma toux (et qui me semble n’être disponible que dans une petite pharmacie dans ma ville natale, et qui est presque aussi cher que l’or – mais qui est également presque aussi précieux). Et n’oublions pas la triade fidèle: l’acétominophène, l’aspirine, et l’ibuprofène – ces combattants ordinaires qui luttent infatigablement contre la douleur et la fièvre. Bref, à tous les cachets de tailles variées, les sprays nasaux, les liquides aux couleurs fluorescent: un grand merci.
Que Dieu nous prenne en pitié, nous bénisse et nous protège; qu’il nous éclaire, nous soigne et nous fortifie; qu’il fasse de nous de vrais bâtisseurs de la Santé en cette corps de Cynique.

Photo: commons.wikipedia.org
http://www.radio-canada.ca/radio2/classique/glenngould/index.asp?lang=fr
Une petite pensée pour Glenn Gould – pianiste exceptionnel, homme excentrique – sur ce 25ème anniversaire de sa mort.
Il est mort bien trop jeune à 50 ans; pourtant cet grand homme a laissé ses traces sur les coeurs des mélomanes de tout âge. Son public a été séduit par son talent, sa technique exigeante, mais aussi par sa personnalité excentrique. Gould rejected the idea that musicians and composers should be held separate from the general public; he felt very strongly that listeners were an integral part of the music-making process. He believed that each individual, whether he be someone sitting at home listening to a record, or a musician interpreting a piece, should be able to reconstruct the music in a way that suited him. This democratic approach garnered much criticism from purists, but won him much popularity with the general public. Of course, it was also this disdain for what he saw as elitism in classical music that caused Gould to quit performing altogether in 1964; he famously declared that “audiences are a force of evil,” and vowed never to play in public again.
La semaine dernière j’ai assisté à un concert qui a rendu hommage à Gould, un concert “intime et à grande échelle”: six pianistes canadiens dans six villes canadiennes ont joué les Variations Goldberg de Bach, l’enregistrement le plus populaire de Gould. C’était une soirée stimulante, avec une présentation multi-média, la diffusion de plusieurs interviews, images, et court-métrages de les archives de Radio-Canada et CBC, et un film avant-garde sur Gould, commandité par les deux chaînes. Giant screens in each city allowed the audiences to participate in a large, cross-country concert; as the Variations were played in “relay” fashion (one variation played in Halifax, the next in Vancouver, etc.), the screens displayed video of each pianist as he or she played, as well as pictures of the diverse Canadian landscape. It was a typically Canadian event: bilingual, egalitarian (each pianist received equal playing time), and homey. (While the venues in some cities were rather substantial – like the Museum of Civilization in Gatineau – some were quite modest, like the Winnipeg one, which was simply a studio in the CBC building downtown; after the performances, the few dozen of us in attendance were able to mingle freely with the pianist, broadcasters, technicians and each other, bonding over delicious meringues and tarts from a local bakery.
)
Si cela vous intéresse, suivez le lien en haut: vous pouvez écouter l’intégralité de l’émission.

Octobre m’apparaît comme un parc solitaire:
Les mûres frondaisons commencent à brunir.
Et des massifs muets monte une odeur légère,
Cet arôme plus doux des fleurs qui vont mourir.
L’étang, les yeux voilés, rêve, plein de mystère,
Au fantôme ondoyant de quelque souvenir;
Une langueur exquise a pénétré la terre,
Le temps même a plié son aile pour dormir.
Le ciel, plus imprécis, fait l’âme plus profonde.
On sent flotter en soi tout le passé du monde
Et, secoué soudain d’un grand frisson pieux,
L’on croit ouïr au loin des rumeurs sibyllines,
Tandis que, dans la pourpre ardente des collines.
Semble saigner encor le sang des anciens dieux.
Anatole Le Braz, Octobre

Photo: images.jupiterimages.com
I am pretty sure that, if you will be quite honest, you will admit that a good rousing sneeze, one that tears open your collar and throws your hair into your eyes, is really one of life’s sensational pleasures.
Robert Benchley
(Well then lucky me: I must be positively ecstatic these last few days…)