Tout est possible…
Friday, 28 March 2008 | 16:06
Photo: anastropheandcheese.wordpress.com
Le vrai rêveur est celui qui rêve de l’impossible.
-Elsa Triolet

Photo: anastropheandcheese.wordpress.com
Le vrai rêveur est celui qui rêve de l’impossible.
-Elsa Triolet
Robert Desnos, from the CD Surrealism Reviewed: 1929-1963.
Bon, je vois dans les statistiques de ce blog que plusieurs lecteurs trouvent ce site en utilisant des moteurs de recherche. Je voudrais m’excuser auprès de ceux qui ont espéré de trouver quelque chose complètement différent de ce que vos résultats vous ont promis.
Par exemple, toutes ces personnes (il y a beaucoup…) qui ont tombés sur mon blog en cherchant: “photos animal sex”, ou “beautiful male bodies”, ou “streaming sex”, ou “beautiful sex in action”, ou bien “big curvy and beautiful”, ou encore “photos de mecs en slip”: Ici, on trouve des photos et des références à des animaux, le sex, les jolies filles et les beaux hommes, même parfois des slips – mais jamais tout ensemble dans un article…
À celui qui cherchait des infos sur “fermeture polnaweb”, désolée, mais je suis mal renseigné sur ce sujet!
Pardon, Mr ou Ms “dating in 2008 reveuse” – ceci n’est pas un singles bar. Mais je vous souhaite bonne chance dans vos recherches.
Quelqu’un cherchait une traduction à “cutie patootie” – je suis désolée, j’en sais rien. Mais si vous le trouvez, laissez-moi un mot car j’aimerai le savoir aussi!
À la dame (j’imagine que c’est une femme) qui cherchait des conseils parce que “il ne me respecte pas”: vous avez toute ma sympathie.
Pour celui qui voulait savoir comment “fabriquer un sismographe”, je crains que je ne serai pas d’une grande aide.
Finalement, à la personne qui m’a trouvé ce matin en recherchant la phrase “les ennemies courgettes”: ce blog est courgette-friendly, je vous assure – même si certains de mes lecteurs ne le sont pas! (D’ailleurs, Les Ennemies Courgettes ne serait pas mal comme nom d’un groupe de punk rock, non?
)

Photo: photo.capsule.org
Une chauve-souris aimait un parapluie
Un grand parapluie noir découpé dans la nuit
Par goût de désespoir car tout glissait sur lui
Une chauve-souris aimait un parapluie
Aimait un parapluie
Elle marchait au radar, le sommeil l’avait fuie
Elle voulait s’mettre à boire, se jeter au fond d’un puits
Une chauve-souris aimait un parapluie
Un grand parapluie noir découpé dans la nuit
Découpé dans la nuit
Sans jamais s’émouvoir pour cette chauve-souris
Le grand parapluie noir sortait de son étui.
Il prenait sous son aile soin d’une belle de nuit
Qui, boulevard Saint Marcel, le nourrissait de pluie
Puis le grand accessoire se mit à voyager
Dans son bel habit noir, son habit noir de jais
Après les palabres, pour faire un peu d’osier
Un avaleur de sabres le mis dans son gosier
Le mis dans son gosier
A un acrobate, servit de balancier
Un vendeur de cravate le prit comme associé
Puis il se déplia sur une permanente
Puis il se déplia car il pleuvait sur Nantes
Car il pleuvait sur Nantes
Une chauve-souris, demoiselle de la nuit
Une chauve-souris aimait un parapluie
Elle vint chercher l’oubli au fond d’un vieux manoir
Où elle mourrait d’ennui pendant que le parapluie
Menait au Père-Lachaise une vie de bâton de chaise
Un jour de mauvais temps, un jour de mauvais temps
Un brusque coup de vent lui mit les pieds devant
On le laissa pour mort dans quelque caniveau
On le laissa pour mort avec le bec dans l’eau
Avec le bec dans l’eau
En voyant son squelette qui faisait sa toilette
Parmi les détritus et les denrées foutues
“C’est la chance qui m’sourit!” hurla la chauve-souris
“Je le croyais perdu, le manche est revenu,
Le manche est revenu”
Riant comme une baleine, pleurant comme une madeleine,
Une chauve-souris aimait un parapluie
Ils allèrent se dirent oui dans le grenier d’la mairie
Une chauve-souris aimait un parapluie
Thomas Fersen, La chauve-souris
Photo: webshots.com
Le printemps s’annonce toujours rempli de promesses… sans jamais nous mentir, sans jamais défaillir. (Michel Bouthot)
Joyeuses Pâques; Happy Easter!
Jean Cocteau, Plain-Chant.

Il neige. Des grands flocons tombent du ciel et dansent dans l’air, avant de se poser par terre, recouvrant l’herbe pâle et fané qui a réapparu l’autre jour, après la fonte de la neige qui était là pendant des mois.
Bien que le calendrier nous dit que le printemps est arrivé, aux prairies canadiens l’hiver refuse de partir.

Vallée au nord, onduleuse prairie,
Déserts charmants, mon coeur, formé pour vous,
Toujours vous cherche en sa mélancolie.
A ton aspect, solitude chérie,
Je ne sais quoi de profond et de doux
Vient s’emparer de mon âme attendrie.
Si l’on savait le calme qu’un ruisseau
En tous mes sens porte avec son murmure,
Ce calme heureux que j’ai, sur la verdure,
Goûté cent fois seul au pied d’un coteau,
Les froids amants du froid séjour des villes
Rechercheraient ces voluptés faciles.
Si le printemps les champs vient émailler,
Dans un coin frais de ce vallon paisible,
Je lis assis sous le rameux noyer,
Au rude tronc, au feuillage flexible.
Du rossignol le suave soupir
Enchaîne alors mon oreille captive,
Et dans un songe au-dessus du plaisir
Laisse flotter mon âme fugitive.
Au fond d’un bois quand l’été va durant,
Est-il une onde aimable et sinueuse
Qui, dans son cours, lente et voluptueuse,
A chaque fleur s’arrête en soupirant ?
Cent fois au bord de cette onde infidèle
J’irai dormir sous le coudre odorant,
Et disputer de paresse avec elle.
Sous le saule nourri de ta fraîcheur amie,
Fleuve témoin de mes soupirs,
Dans ces prés émaillés, au doux bruit des zéphyrs,
Ton passage offre ici l’image de la vie.
En des vallons déserts, au sortir de ces fleurs,
Tu conduis tes ondes errantes :
Ainsi nos heures inconstantes
Passent des plaisirs aux douleurs.
Mais si voluptueux, du moins dans notre course,
Du printemps nous allons jouir,
Nos jours plus doucement s’éloignent de leur source,
Emportant avec eux un tendre souvenir…
François-René de Chateaubriand, Le printemps, l’été et l’hiver (extrait)

Darling, je vous aime beaucoup
Je ne sais pas what to do
You know you’ve completely
Stolen my heart
Morning, noon and nighttime too
Toujours wondering what to do
That’s the way I’ve felt
Right from the start
Ah, Chéri!
My love for you is très, très fort
Wish my French were good enough
I’d tell you so much more
But I hope that you compris
All the things you mean to me
Darling, je vous aime beaucoup
I love you, yes I do
Anna Sosenko, Darling Je Vous Aime Beaucoup

Photo: msnbcmedia.com
There’s no money in poetry, but there’s no poetry in money, either.
-Robert Graves
Happy St. Patrick’s Day…
Il y a toujours quelque chose en nous que l’âge ne mûrit pas.
-Jacques-Bénigne Bossuet
Photo: imdb.com
Madeleine: It’s too late, there is something I must do, there is something I must do…

Photo: clcookphoto.com
Someday, emerging at last from the violent insight,
let me sing out jubilation and praise to assenting angels.
Let not even one of the clearly-struck hammers of my heart
fail to sound because of a slack, a doubtful,
or an ill-tempered string. Let my joyfully streaming face
make me more radiant; let my hidden weeping arise
and blossom. How dear you will be to me then, you nights
of anguish. Why didn’t I kneel more deeply to accept you,
inconsolable sisters, and, surrendering,
lose myself
in your loosened hair. How we squander our hours of pain.
How we gaze beyond them into the bitter duration
to see if they have an end. Though
they are really
seasons of us, our winter-
enduring foliage, ponds, meadows, our inborn landscape
where birds and reed-dwelling creatures are at home.
High overhead, isn’t half of the night sky standing
above the sorrow in us, the disquieted garden?
Imagine that you no longer walked through your grief grown wild,
no longer looked at the stars through the jagged leaves
of the dark tree of pain, and the enlarging moonlight
no longer exalted fate’s ruins so high
that among them you felt like the last of some anceint race.
Nor would smiles any longer exist,
the consuming smiles
of those you lost over there – with so little violence,
once they were past, did they purely enter your grief.
Rainer Maria Rilke, Tenth Elegy [original version], excerpt