Organum speciosus
Wednesday, 26 September 2007 | 23:42
Fais, au blanc frisson de tes doigts,
Gémir encore, ô ma maîtresse!
Cette marche dont la caresse
Jadis extasia les rois.
Sous les lustres aux prismes froids,
Donne à ce coeur sa morne ivresse,
Aux soirs de funèbre paresse
Coulés dans ton boudoir hongrois.
Que ton piano vibre et pleure,
Et que j’oublie avec toi l’heure
Dans un Eden, on ne sait où…
Oh! fais un peu que je comprenne
Cette âme aux sons noirs qui m’entraîne
Et m’a rendu malade et fou!
Emile Nelligan, Chopin








J’ignorais totalement ce poème sur Chopin, dont je suis pourtant assez maniaque ! Que ferais-je sans la Cynique pour m’alimenter ?
Est-ce que ce sont tes mains sur le piano ? Ce serait un document supplémentaire.
Sans vouloir persifler, j’ajouterai que c’est bien que ce soit tombé sur Chopin ; car il y a un certain autre compositeur qui lui est contemporain envers lequel Cynic-girl nourrie… mais j’en ai déjà trop dit !
Emile Nelligan était un poète canadien (québécois); son premier poème a été publié quand il avait 16 ans. Il était amoureux de la littérature et ne voulait qu’être poète, ce que ses parents ne voulaient absolument pas! Ils l’ont envoyé en Angleterre pour lui faire travailler mais il a retourné au Canada avec la tête pleine de l’art et la littérature européene… Celui-ci est un de trois poèmes dont je me souviens où il parle de Chopin (je recopie un autre, Mazurka, en bas; l’autre est Pour Ignace Paderewski, si cela t’intéresse). En effet, beaucoup de ses textes sont sur la musique et les musiciens, et aussi des autres artistes; on trouve des références à Baudelaire, Arthur Rubinstein, et Antoine Watteau, parmi des autres.
Mazurka
Rien ne captive autant que ce particulier
Charme de la musique où ma langueur s’adore,
Quand je poursuis, aux soirs, le reflet que mordore
Maint lustre au tapis vert du salon familier.
Que j’aime entendre alors, plein de deuil singulier,
Monter du piano, comme d’une mandore
Le rythme somnolent où ma névrose odore
Son spasme funéraire et cherche à s’oublier!
Gouffre intellectuel, ouvre-toi, large et sombre,
Malgré que toute joie en ta tristesse sombre,
J’y peux trouver encor comme un reste d’oubli,
Si mon âme se perd dans les gammes étranges
De ce motif en deuil que Chopin a poli
Sur un rythme inquiet appris des noirs Archanges.
C’est bien bon de lire vos échanges ici après avoir lu à l’instant le “word of warning” de mardi.
Larissa ok pour Novembre. Je suis débordée avec la rentrée de Rémy et la recherche d’un apartement pour lui d’ici à Mercredi. Si j’ai une minute je réponds plus en détail à ton courriel Dimanche.
Je serais à paris du 5 au 12 Octobre. Notre ami Coyote aura-t- il un moment pour qu’on se rencontre
A tout bientôt
Bonjour
Je ne connaissais pas ce poète canadien Emile Nelligan et encore moins bien sur ses poèmes sur Chopin et la Musique ! Je vais aller fouiller sur Internet pour me documenter !
Bises et à bientôt .
Salut à Moonbeam et Coyote
Coucou Lucie ! justement je voulais te demander à toi aussi si on pourra se voir la semaine où je serais à Paris ? Est ce que ça te fait loin pour venir?
Réponds moi sur fandepolna pour préserver l’espace de notre cynique préférée
Coucou à les dames! Heureuse que je puisse assurer un lieu de rencontre où on peut organiser des réunions entre amis!
Lucie, on peut trouver plusieurs poèmes de Nelligan sur la toile; je te conseille le recueil Motifs poétiques, ou on trouve plusieurs poèmes sur la musique, si cela t’intéresse.
Moonbeam, welcome back! Tes vacances se sont bien passés? Je comprends que la rentrée est un temps très actif; moi non plus je n’ai pas eu l’occasion de vraiment respirer depuis le début de septembre…